"Merveilleux plancton" : l'Orbiquet, source de vie
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1. La source de l'Orbiquet, un site remarquable
La source de l'Orbiquet, située à La Folletière-Abenon (Calvados), est une magnifique résurgence karstique (une source d'origine souterraine) réputée pour être l'une des plus importantes du nord de la France. Classé comme Espace Naturel Sensible, ce site bucolique dévoile des eaux d'une limpidité et d'une fraîcheur constantes, qui alimentent le cours de l'Orbiquet et attirent régulièrement les plongeurs spéléologues venus explorer ses galeries souterraines, mais aussi les trouristes attirés par la beauté et l'intérêt du site.
Le lieu marie harmonieusement nature sauvage et patrimoine local, puisqu'on peut y observer les vestiges d'un ancien moulin, un lavoir traditionnel, le tout dans une atmosphère paisible et ombragée idéale pour la promenade.
Un panneau explicatif sur le site permettent de comprendre l'origine de la source...
Le mur imperméable qui retient cette nappe et permet l'émergence de la source est quant à lui constitué par les formations marneuses sous-jacentes du Jurassique supérieur (Oxfordien / Kimméridgien), typiques de la transition géologique en bordure du Bassin parisien et du Massif armoricain.
Des affleurements de cette craie sont bien visibles le long de la route à quelques centaines de mètres avant d'arriver au village depuis Orbec.
D'où vient cette craie, roche par ailleurs à l'origine des falaises d'Etretat ?
Vous comprendrez pourquoi j'insiste sur ce sujet, et aussi pourquoi j'ai accepté l'invitation de mon jeune (et pourtant "ancien" car je rappelle que je suis à la retraite depuis presque 2 ans) collègue de SVT (Alexandre) au collège Notre-Dame. La craie a bien une origine vivante, le plancton. 😉
Par contre, l'idée de les montrer au microscope est compliquée car ces microorganismes minuscules ne peuvent être révélés qu'au microscope électronique.
Par manque de temps, j'ai juste effleuré ce sujet passionnant en présentant la source et en effectuant une mesure de la température de l'eau par une élève.
L'absence ou la grande pauvreté en plancton dans l'eau de la source de l'Orbiquet — directement à son point d'émergence — tient principalement à sa nature d'eau souterraine et au fonctionnement de l'aquifère karstique.
Deux facteurs majeurs expliquent cette situation :
L'obscurité totale (zone aphotique) : Le phytoplancton, à la base de la chaîne trophique pélagique, est strictement photoautotrophe. Privé de lumière tout au long de son parcours dans les galeries de la craie cénomanienne, il ne peut absolument pas se développer. En l'absence de ces producteurs primaires, les populations de zooplancton n'ont aucune ressource pour subsister en suspension.
La filtration mécanique et l'infiltration : Avant de rejoindre les conduits karstiques majeurs, l'eau de pluie subit une filtration intense en traversant la couverture de sol, les formations superficielles (limons, biefs à silex) et la matrice micro-poreuse de la craie. Ce filtre naturel retient efficacement les particules organiques et les micro-organismes venus de la surface.
Le "vrai" plancton (notamment les diatomées fluviales) ne commencera à coloniser l'Orbiquet que quelques centaines de mètres plus en aval, dès que l'eau sera exposée à la lumière du soleil, que son cours ralentira et qu'elle s'enrichira en nutriments de surface.
A suivre...









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