Plancton sous les Voiles au Festival des Voiles de Travail - Granville du 19 au 23 août 2026

  Plancton sous les Voiles au Festival des Voiles de Travail

Granville du 19 au 23 août 2026


Sortie Chausey à bord de la Bisquine Granvillaise le jeudi  13 août 2026 - © Denis Longuet

Cette année 2026, je suis fier 😊 de présenter mon chapiteau dédié au Plancton, avec la mention "sous les voiles" pour coller avec le thème du Festival (les Voiles du Travail).


Le Festival des Voiles de Travail de Granville

Le Festival des Voiles de Travail de Granville, célèbre le patrimoine maritime vivant et les bateaux qui ont façonné l’histoire des côtes normandes. Durant quelques jours, vieux gréements, voiliers traditionnels, marins et passionnés se retrouvent autour des savoir-faire de la mer : navigation à la voile, métiers traditionnels, matelotage et culture maritime.

🔗 Le programme du Festival 

Au-delà du spectacle des voiles dans le port et en mer, le festival est aussi un lieu de transmission et de rencontres, où le patrimoine maritime se raconte et se partage avec le public.

 
Du voilier de travail au cargo à voile

Le Festival des Voiles de Travail de Granville 2026 met à l’honneur le transport maritime à la voile, fil rouge de cette nouvelle édition. Hier, les voiliers de travail sillonnaient les côtes pour transporter leurs marchandises grâce à la seule force du vent. Aujourd’hui, cette tradition retrouve une étonnante modernité avec l’arrivée de nouveaux cargos à voile, comme le Neoliner Origin de la société française Neoline, basée à Nantes.


Le Neoliner Origin - Source : wikipédia

Entre patrimoine maritime et innovation, le festival nous invite ainsi à regarder le passé pour imaginer un transport maritime plus sobre et moins dépendant des énergies fossiles.


Quelques moments d'ambiance festivalière à partager...

Le port et ses vieux gréements

Le port de Granville accueille les vieux gréements pour son Festival des Voiles de Travail


La Bisquine Granvillaise en bonne place parmi les vieux gréements emblématiques présents dans le port de Granville


Des membres de l'AVGG (Association des Vieux Gréements Granvillais) sous leur chapiteau - Source : https://www.lagranvillaise.org/

Présent cette année au Festival des Voiles de Travail de Granville, le Ruth est une goélette suédoise construite en 1914. Longue de 20 mètres (28 m hors tout) et large de 6 mètres, elle est aujourd’hui basée à Paimpol. 


Le Ruth, une élégante goélette suédoise

Le Ruth, de nuit
La goélette suédoise Ruth n'était pas à l'origine un navire de pêche, mais un caboteur marchand qui transportait principalement des marchandises (céramique, grès, sel, bois).


Le Village des Voiles


Un des chapiteaux parmi le village des Voiles de Travail : le GECC...

Le Groupe d’Étude des Cétacés du Cotentin (GECC) étudie et contribue à la préservation des mammifères marins de la Manche, avec une attention particulière portée aux grands dauphins. Ses équipes réalisent des sorties en mer, notamment depuis Granville, pour observer les animaux et les identifier grâce à la photo-identification. 

Les nombreuses activités du GECC présentée par une équipe de jeunes passionnés

Le GECC associe recherche scientifique, suivi des populations, sensibilisation du public et sciences participatives, notamment grâce à l'application OBSenMER, qui permet à chacun de transmettre ses observations de mammifères marins. 

Du cétacé au plancton : du visible à l'invisible

Observer un dauphin à la surface de la Manche, c'est aussi entrevoir l'aboutissement d'une formidable chaîne de vie. Car derrière ces grands prédateurs se cache une multitude d'organismes minuscules : le plancton. Le phytoplancton capte l'énergie du Soleil, le zooplancton s'en nourrit, puis viennent les petits poissons, les prédateurs… jusqu'aux cétacés.

Ainsi, pour comprendre les dauphins et les baleines, il faut aussi regarder ce monde invisible qui constitue la base de leur nourriture. C'est précisément ce que propose le chapiteau « Plancton sous les Voiles » : partir à la découverte de cet univers microscopique qui fait vivre tout l'océan.


Prélever le plancton 


Le mini bac et ses voiliers radio-commandés

Les plus jeunes peuvent apprendre les bases de la navigation à la voile et faire la course avec leurs amis, à la barre d’un des nombreux mini-voiliers reproduits par les passionnés de l’association coutançaise Mini Bac. Le bassin de 100 m² reproduit les quais du port de Granville et le mouvement des marées. 

L'eau vient du port, il est donc très pratique d'aller chercher du plancton tout près de notre chapiteau et le rapporter pour observations.


"Plancton sous les Voiles"- Maëva récolte un peu de plancton - En plein dans le thème, n'est-ce pas ? 😉


Prélèvements matinaux au bord de la piscine naturelle du Plat Gousset à Granville, à 5 mn du port


Maëva et Denis se forment à la récolte du plancton au bord de la piscine


Transfert du prélèvement dans une bouteille


Récolte au passage des vers de Roscoff pour montrer au public cet énigmatique organisme symbiotique


Occasion de parler des méduses qui sont aussi des organismes planctoniques (ici Rhizostoma, genre très commun dans la Manche)

Sous le chapiteau "Plancton sous les Voiles"


L'entrée du chapiteau "Plancton sous les Voiles"


A l'entrée à gauche du chapiteau : histoire de la planctonologie...

Le HMS Challenger, navire de la Royal Navy britannique transformé en véritable laboratoire océanographique, entreprend entre 1872 et 1876 la première grande expédition scientifique océanographique mondiale. Au cours de cette campagne, les scientifiques embarqués réalisent des centaines de prélèvements à toutes les profondeurs et dans tous les océans. Filets, dragues et bouteilles permettent de découvrir une extraordinaire diversité d'organismes marins, notamment de nombreuses espèces de plancton. Le Challenger marque ainsi une étape fondatrice de la planctonologie, en révélant que l'océan est peuplé d'une multitude d'organismes microscopiques, invisibles à l'œil nu, mais essentiels au fonctionnement de la vie marine.

Quelques décennies plus tard, l'exploration se poursuit avec le RRS Discovery, navire de recherche britannique lancé en 1901 pour l'expédition antarctique de Robert Falcon Scott. C'est notamment à bord de ses successeurs que se développe l'utilisation du Continuous Plankton Recorder (CPR), un dispositif remorqué derrière les navires qui capture en continu le plancton au fil des routes océaniques. Mis au point dans les années 1930 par Sir Alister Hardy, le CPR permet de passer d'échantillonnages ponctuels à une véritable surveillance à grande échelle et sur le long terme. Aujourd'hui encore, ce programme constitue l'une des plus longues séries d'observations du plancton marin au monde, permettant de suivre son évolution et les transformations des écosystèmes océaniques.


Au centre et au fond du chapiteau : microscopie; kits de prélèvements et de concentration du plancton, écrans de visualisation


Curiosity, un microscope innovateur


Le microscope Curiosity

🔎 Au cœur du stand, le microscope numérique Curiosity a rapidement capté l'attention des curieux et des passionnés. Compact avec son boîtier robuste en bois et plastique, cet instrument nomade se branche directement en USB sur un ordinateur portable pour retransmettre en direct sur écran ce qui s'agite à l'échelle microscopique. Sous le regard intrigué des visiteurs venus observer les prélèvements d'eau, il a permis de révéler instantanément la richesse du monde planctonique avec une clarté remarquable, rendant l'observation vivante, interactive et accessible à tous les âges.

Le microscope Curiosity est fabriqué par l'entreprise bretonne SeaLabX (fondée par Noan Le Bescot).


Guide de prise en main du microscope Curiosity

Ce dispositif a été développé à l'origine sous forme de prototype collaboratif au sein du projet de science participative Plankton Planet.


Des enfants de centres aérés autour d'un microscope à miroir et du microscope Curiosity


Le zooplancton : larve zoé de crabe (à gauche) ; Copépodes ( à droite) et le phytoplancton : nombreuses diatomées

🔎 Ce que l'on peut distinguer :

  • A gauche, l'organisme est très probablement une larve de crustacé décapode, de type zoé. Le gros œil sombre, le céphalothorax et les appendices très développés et plumeux sont caractéristiques. La présence d'un long rostre dorsal pourrait être compatible avec une zoé de crabe (porcelaine ?).

  • Au centre et à droite,  on distingue des copépodes, probablement de la famille des calanoïdes. Leur corps ovoïde, leur organisation en segments et leurs appendices sont caractéristiques de ces petits crustacés, parmi les organismes zooplanctoniques les plus abondants du milieu marin.

  • Tout autour, les nombreuses structures filamenteuses et allongées correspondent en grande partie à des microalgues, notamment des diatomées. Certaines présentent des cellules organisées en chaînes. On observe également beaucoup de débris et de matière organique provenant du milieu littoral.



Les diatomées
ont suscité plusieurs questions parmi les visiteurs adultes : "Je possède un tapis de bain en diatomite, existe-t-il un rapport avec les diatomées ?"

Réponse : « Votre tapis de bain en diatomite vient… d’anciennes diatomées ! »

La diatomite est une roche légère et très poreuse formée par l’accumulation, au fond des lacs ou des mers, des frustules siliceux de diatomées, ces minuscules algues du plancton. Au fil du temps, leurs enveloppes de silice se sont accumulées et fossilisées pour former cette roche.

C’est justement cette multitude de petits pores qui donne à la diatomite son étonnante capacité à absorber rapidement l’eau : une propriété idéale pour un tapis de bain !

En quelque sorte, votre tapis est donc constitué des « squelettes » fossilisés de milliards de microalgues.



Copépodes et diatomées sous le microscope Curiosity


Les vers de Roscoff s'animent sous le microscope Curiosity 

🔎 Les vers de Roscoff : des vers qui aiment la lumière

À marée basse, sur le Plat Gousset à Granville, il suffit parfois d’observer attentivement le sable pour découvrir d’étranges petits vers (couleur vert-foncé) qui viennent affleurer à sa surface : les vers de Roscoff. Leur histoire est intimement liée au plancton. Comme beaucoup d’animaux marins, ils commencent leur vie sous la forme de larves planctoniques, minuscules organismes qui dérivent dans l’eau avant de rejoindre le fond et de devenir adultes. Mais leur étonnante particularité ne s’arrête pas là : une fois installés dans le sable, ils vivent en symbiose avec des microalgues, qui leur fournissent une partie de l’énergie produite grâce à la lumière. Lorsque la marée descend, ces vers sortent du sable et s’exposent à la lumière : ils permettent ainsi à leurs microalgues partenaires de réaliser la photosynthèse. Un bel exemple de coopération entre un animal et le monde microscopique, où le plancton accompagne le vivant tout au long de son histoire !

👉 Voir aussi la page au sujet des vers de Roscoff sur mon Blog : "des animalgues.."


Maëva et Denis m'aident dans la préparation des échantillons de plancton à oberver au microscope

🔬 Vous remarquerez un 3e microscope à gauche, présenté dans un le contexte de l'histoire de la planctonologie : il s'agit d'un microscope à miroir, probablement datant de la 1ère moitié du XXe siècle, que m'a offert le le directeur de mon ancien Collège Notre-Dame à Lisieux  à l'occasion de mon départ à la retraite. Merci encore M. Crinière 😉, j'avais promis de le sortir du placard...


Les microscopes présents sous le chapiteau pendant le Festival réunis (un siècle sépare les 2 extrêmités!)


Emerveiller pour sensibiliser...sensibiliser pour préserver...

Au fond du chapiteau, le panneau présente des affiches qui permettent de définir ce qu'est le plancton.

Du grec "Planktos" dériver, errer, le plancton désigne le groupe d'organismes incapables de quitter le courant, et se laissent donc porter par lui. Cela comprend aussi les méduses...

Une affiche illustre la grande diversité du monde du plancton, des plus petits (bactéries : tailles de l'odre du micromètre) aux plus grands (les gélatineux, méduses : taille de l'ordre du centimètre/décimètre/mètre).

Une autre insiste sur le rôle essentiel joué par les diatomées, notamment en réalisant la photosynthèse. (voir le sujet dans ce Blog).


L'avant dernière partie de l'exposition montre :

. Une affiche illustrant l'histoire de la planctonologie à Tatihou, dans la Baie de Saint-Vaast-la Hougue où de nombreux scientifiques venaient nombreux à la fin du XIXe siècle pour découvrir les richesse planctonologiques de la Baie.
. Une autre présente l'Hérétique, mythique pneumatique sur lequel le jeune médecin Alain Bombard a voyagé pendant 3 mois en traversant l'Océan Atlantique pour montrer au monde entier que l'on pouvait se sortir d'un naufrage avec le strict nécessaire pour se procurer le minimum d'eau et d'aliments essentiels à sa survie. Il avait à bord un filet à plancton !
. Un affiche présente l'importance du monde des copépodes, second maillon des chaîne alimentaires marines (et d'eau douce).


Le dernier panneau sur le thème des sciences participatives

La dernière partie de l'exposition montre :

L'affiche en haut à gauche (Objectif Plancton) illustre l'alliance entre passion de la navigation, médiation scientifique et préservation des écosystèmes marins. De la mesure de la turbidité au disque de Secchi jusqu'au prélèvement aux filets à micro-mailles (50 µm pour le phytoplancton et 180 µm pour le zooplancton), ce support synthétise le protocole rigoureux suivi par les plaisanciers et citoyens engagés. Grâce à ces récoltes synoptiques aux quatre coins de nos côtes (notamment en Rade de Brest, Baie de Concarneau et Rade de Lorient), les scientifiques des stations marines recueillent de précieuses données sur cet océan microscopique qui produit plus de 50 % de notre oxygène. Une belle invitation à embarquer au service de la biodiversité marine !

L'affiche en bas à gauche présente l'écrivain Wilfried N'Sondé :

J'ai souhaité mettre à l'honneur une passerelle poétique et captivante entre science et littérature : le magnifique roman de l'écrivain franco-congolais Wilfried N'Sondé, Héliosphæra, fille des abysses. J'ai rencontré l'auteur lors du Festival du Plancton à Saint-Gilles-Croix-de-Vie l'an dernier (où il m'a chaleureusement dédicacé son livre). Cette affiche retrace son immersion  de 5 semaines en 2019 à bord de la goélette Tara au large de la côte Chilienne. En donnant une voix et une âme au peuple invisible des océans, Wilfried N'Sondé offre un récit sensible qui rappelle qu'à l'heure des urgences climatiques, célébrer l'émerveillement est plus que jamais essentiel pour nous pousser à comprendre et protéger la vie marine.

L'affiche en haut à droite présente le jeune navigateur Amaury Guérin :

Originaire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et initiateur du Festival du Plancton (où nous nous sommes rencontrés l'an dernier), ce brillant navigateur incarne à merveille l'esprit d'aventure au service du vivant. Sportif accompli et détenteur d'un nouveau record de traversée de l'Atlantique dans sa catégorie, Amaury met sa visibilité et sa passion du large au profit de l'océan. En tant qu'ambassadeur de Plankton Planet et de l'association S4P2 (Seatizens for Plankton Planet), il promeut une démarche écocitoyenne exemplaire et montre à la nouvelle génération de marins que la mer est bien plus qu'un terrain de jeu : c'est un terrain de vie à comprendre et à préserver.


Remerciements 


Je ne peux me résigner à finir cet article sans remercier chaleureusement ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réussite de ma 2e participation au Festival des Voiles de Travail de Granville.

  • Granville Terre & Mer et Mélaine pour son sens de l'organisation, ses conseils, sa disponibilité et son efficacité ;
  • L'AVGG qui, dès l'année dernière, m'a gentiment accueilli sous son chapiteau en me donnant l'opportunité de faire découvrir le plancton aux visiteurs ;
  • L'Office du Tourisme de Granville et sa directrice Déborah qui a, grâce à ses contacts, trouvé des volontaires pour m'épauler sous mon chapiteau pendant quelques jours ;
  • Maëva, jeune diplômée dans le secteur de l'environnement, et Denis formateur en biologie marine, tous les deux membres du Club Subaquatique Hippocampe de Granville Chausey, avec Déborah ;
  • Marie-Paule, qui s'est portée volontaire et m'a consacré quelques heures pour guider les visiteurs, et notamment les enfants ;
  • Maxime de l'Association Avril de Coutances pour ses connaissances dans le domaine des méduses et qui a pu répondre aux questions des visiteurs ;
  • Solenn Cancouët, journaliste à Ouest-France qui s'est intéressée à ma démarche et a eu l'idée de faire un article sur le sujet (voir le lien ci-dessous).
  • Et Sahima, doctoresse en biologie marine, du groupe Plankton Planet pour m'avoir formé à l'utilisation du Microscope Curiosity à Créteil 😉.

    🔗 Voir l'article paru dans Ouest-France (paru le samedi 2208/2026) à l'adresse : 
    https://www.ouest-france.fr/normandie/granville-50400/un-enjeu-planetaire-de-preservation-du-plancton-passionne-il-sensibilise-a-limportance-du-plancton-a-granville-361ddb9c-9c7c-11f1-bac9-b701f4b3457c


  Sensibiliser pour préserver...

On se lasse de tout, sauf d’apprendre...




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